Tu as lancé ta boutique, les commandes arrivent, et un matin tu ouvres ta messagerie : douze emails, dont neuf posent la même question. « Mon colis est où ? » Deux autres demandent à retourner un article. Le dernier réclame un remboursement promis il y a dix jours, avec un ton qui laisse deviner la suite : un avis à une étoile ou un litige bancaire.

Le service après-vente d'une petite boutique en ligne ne se noie pas sous la complexité. Il se noie sous la répétition. Les mêmes questions, les mêmes vérifications dans le back-office Shopify, les mêmes réponses copiées-collées, et au milieu un cas qui exige vraiment un humain et qui se perd dans le flux.

Les questions qu'on se pose à ce stade sont concrètes. Peut-on automatiser les retours avec Make sans acheter un helpdesk à 360 $ par mois ? Shopify Flow suffit-il, ou faut-il un outil de plus ? Que dit la loi sur les délais de remboursement ? Et à partir de quand un logiciel comme Gorgias vaut-il son prix ?

Cet article répond à ces quatre questions avec des chiffres vérifiés en octobre 2026 : les tarifs de Make et de Gorgias, la part des tickets qui relèvent du suivi de colis et des retours, les limites réelles des webhooks Shopify, et le cadre du droit de rétractation. Il montre aussi le scénario, étape par étape, et là où il casse.

Ce que tu vas trouver ici : la répartition type des tickets d'une boutique Shopify, l'architecture d'un montage Make en trois scénarios (demande de retour, remboursement, suivi), le rôle de Shopify Flow, le coût réel de Make et de Gorgias en 2026, les pièges des webhooks de retours, le cadre légal des 14 jours, et un verdict par taille de boutique.

Pourquoi le SAV d'une petite boutique sature

Les statistiques de service client e-commerce compilées par eDesk et Macha pour 2026 convergent sur une répartition simple. Les demandes de suivi de commande, le fameux « Where Is My Order » ou WISMO, pèsent entre 40 et 60 % des tickets. Les retours en représentent 10 à 20 %. Les changements d'abonnement, 5 à 15 %. La fidélité, 3 à 8 %. Autrement dit, plus de la moitié de ton courrier entrant concerne une information que tu possèdes déjà dans Shopify.

Ce constat change la façon d'aborder le problème. Tu n'as pas besoin d'une intelligence artificielle qui « comprend » le client. Tu as besoin d'une machine qui lit le numéro de commande, regarde le statut d'expédition et renvoie l'information. C'est de la lecture de données, pas de la conversation.

Les retours, eux, sont plus délicats parce qu'ils engagent de l'argent. Un retour accepté par erreur coûte le produit et l'envoi. Un retour refusé à tort coûte un client. C'est la zone où l'automatisation doit suivre des règles écrites noir sur blanc, et où le doute doit remonter à une personne.

"Plus de la moitié des tickets portent sur une information que tu possèdes déjà. Le problème n'est pas de répondre mieux, c'est de ne plus répondre à la main."

Un point de cadrage avant de construire. Ce montage vise les boutiques qui traitent de quelques dizaines à quelques centaines de demandes par mois. Au-delà, ou si ton service client est une équipe, un helpdesk spécialisé fait gagner plus de temps qu'un assemblage de scénarios. La section sur Gorgias donne les seuils chiffrés.


5 critères pour un SAV automatisé fiable

  • 1 Une source de vérité unique : le statut d'une commande se lit dans Shopify, jamais dans un tableur parallèle qui finit par diverger.
  • 2 Des règles d'éligibilité écrites : délai, état du produit, catégories exclues. Si une règle ne tient pas en une phrase, elle ne s'automatise pas.
  • 3 Une porte de sortie humaine : tout cas hors règle crée un ticket assigné à une personne, avec le contexte déjà rempli.
  • 4 Un compteur d'échéance : chaque remboursement porte une date limite calculée à l'entrée, et une alerte part avant qu'elle soit dépassée.
  • 5 Un coût par ticket connu : crédits Make, abonnement helpdesk, appel IA éventuel. Si tu ne sais pas ce que coûte un ticket traité, tu ne sais pas si le montage est rentable.

Shopify Flow : ce que l'outil natif fait déjà gratuitement

Avant d'ajouter un outil, regarde ce que Shopify te donne. Shopify Flow est l'application d'automatisation intégrée. Selon les comparatifs de 2026, elle est disponible sans surcoût sur tous les plans, Basic compris, après avoir été réservée à Shopify Plus jusqu'en 2023. Un des guides consultés fait état d'une information contradictoire sur la disponibilité par plan : vérifie dans ton administration avant de bâtir quoi que ce soit dessus.

Flow excelle pour ce qui se passe à l'intérieur de Shopify : taguer un client, annuler une commande, marquer une commande à risque, notifier l'équipe. Le comparatif Stack Architect résume bien la répartition des rôles : Flow pour les actions internes, un outil externe pour dialoguer avec le reste de ton environnement.

C'est là que Make entre en jeu. Dès que le scénario doit toucher un outil extérieur à Shopify (un formulaire de retour hébergé ailleurs, une messagerie, un helpdesk, un tableur de suivi, un modèle de langage), Flow ne suffit plus. Les deux outils ne s'excluent pas : Flow pose les tags et les alertes internes, Make fait circuler l'information vers l'extérieur.

La pépite : commence par Flow pour tout ce qui reste dans Shopify (tag « retour demandé », alerte sur une commande de plus de 200 €, étiquette « client récurrent »). Ça coûte zéro crédit Make et réduit le nombre de scénarios à maintenir. Réserve Make aux flux qui sortent de la boutique.

Make : le liant entre Shopify, la messagerie et le helpdesk

Make est la plateforme d'automatisation visuelle qui relie des applications par scénarios. Chaque scénario est une chaîne de modules : un déclencheur (une commande modifiée, un formulaire reçu), des lectures de données, des décisions via un routeur, des actions (envoyer un email, créer un ticket, écrire dans un tableur).

Pour une boutique Shopify, son intérêt tient à trois choses. Le module Shopify permet de lire une commande, de la rechercher et de réagir à ses événements. Les webhooks personnalisés reçoivent n'importe quel formulaire. Et le routeur permet d'écrire des règles d'éligibilité lisibles : si la livraison date de moins de quatorze jours, une branche, sinon une autre.

Make
Automatisation visuelle — le moteur des scénarios SAV
4,6/5
G2, 273 avis

Make facture à la consommation de crédits : une exécution de module consomme en règle générale un crédit. Un scénario de six modules qui s'exécute une fois coûte donc environ six crédits. Ce calcul sert de base à tous les chiffres de cet article.

G2 : 4,6/5 sur 273 avis. Capterra : 4,8/5 sur 406 avis. Points récurrents : constructeur visuel, branchements réels, flexibilité des webhooks. Reproches récurrents : facturation à l'opération qui grimpe sur les gros volumes, courbe d'apprentissage plus raide que Zapier, pas de chat en direct pour le support.

Plans Make (facturation annuelle, 10 000 crédits au niveau de base)
Free
0 $/mois
1 000 crédits par mois
Recommandé
Core
9 $/mois
10 000 crédits, 10,59 $ en facturation mensuelle
Pro
16 $/mois
Exécution prioritaire, variables personnalisées, recherche dans les journaux
Tester Make

Plan gratuit permanent : 1 000 crédits par mois

Aucun essai limité dans le temps : le plan Free reste gratuit. 1 000 crédits suffisent pour construire et tester les trois scénarios de cet article sur quelques dizaines de demandes par mois. Core à partir de 9 $ par mois en facturation annuelle.

Essayer Make gratuitement → Plan gratuit permanent, Core dès 9 $

Points forts

  • Module Shopify natif et webhooks libres pour tout formulaire de retour
  • Routeur lisible pour écrire les règles d'éligibilité sans code
  • Plan gratuit suffisant pour valider le montage avant de payer

Points faibles

  • Facturation au crédit : un scénario qui tourne toutes les minutes consomme vite
  • Pas de support en chat en direct sur les petits plans
  • Le module Gorgias dans Make est développé par un tiers, pas par Make
À retenirMake suffit largement pour automatiser les retours d'une boutique de quelques centaines de commandes par mois. Il ne remplace pas un helpdesk : il fait circuler l'information et applique tes règles, il n'offre pas de boîte de réception partagée pour une équipe.

Le montage complet, scénario par scénario

Le piège classique consiste à tout mettre dans un seul gros scénario. Quand il casse, tout casse. Le montage recommandé tient en trois scénarios indépendants, chacun avec son déclencheur et son propre journal d'erreurs.

SAV Shopify — trois scénarios Make indépendants
A. DEMANDE DE RETOUR Webhook du formulaire Lecture commande + éligibilité Étiquette ou ticket humain B. REMBOURSEMENT Déclencheur : refund créé Email de confirmation au client Date limite des 14 jours notée C. SUIVI DE COLIS Question « où est ma commande ? » Lecture du statut d'expédition Réponse automatique avec lien Trois scénarios séparés : une panne n'arrête pas les deux autres
Données : répartition des tickets e-commerce (eDesk, Macha, 2026), tarifs Make consultés en octobre 2026, documentation des webhooks Shopify

Scénario A : la demande de retour

Le client remplit un formulaire de retour (numéro de commande, email, produit concerné, motif). Le formulaire peut être celui de ton thème, un outil tiers ou une page dédiée, du moment qu'il envoie ses données vers un webhook Make. Le scénario enchaîne ensuite :

  • Webhook personnalisé : reçoit les champs du formulaire.
  • Lecture de la commande Shopify : retrouve la commande par son numéro et vérifie que l'email correspond. Si l'email ne correspond pas, le scénario s'arrête et crée un ticket humain : on ne divulgue jamais le contenu d'une commande à quelqu'un qui n'a pas prouvé qu'il en est l'auteur.
  • Routeur d'éligibilité : une branche « éligible » (livraison confirmée il y a moins de 14 jours, produit hors catégories exclues) et une branche « à examiner » (tout le reste).
  • Branche éligible : envoi de l'email avec les instructions de retour, ajout du tag « retour demandé » sur la commande, ligne dans le tableur de suivi.
  • Branche à examiner : création d'un ticket assigné à une personne, avec le motif, la commande et le montant déjà remplis.

Cette structure consomme environ six à huit crédits par demande. Pour cent demandes de retour par mois, compte entre 600 et 800 crédits : le plan gratuit de 1 000 crédits tient, mais sans marge pour les autres scénarios.

Scénario B : le remboursement

Le déclencheur est la création d'un remboursement dans Shopify. Le scénario lit la commande liée (pour retrouver le nom et l'email du client, absents du webhook, voir plus bas), envoie un email de confirmation indiquant le montant et le délai, et écrit dans le suivi la date limite légale calculée à partir de la décision.

Un second déclencheur planifié, exécuté une fois par jour, parcourt le suivi et envoie une alerte interne quand une échéance approche. Un scénario quotidien consomme environ trente crédits par mois pour le déclencheur seul, auxquels s'ajoutent les lectures. C'est négligeable.

Scénario C : le suivi de colis

C'est le scénario qui rapporte le plus, puisque le suivi de commande pèse entre 40 et 60 % des tickets. Un email entrant contenant « où est ma commande » est détecté, le numéro de commande est extrait, et le scénario lit le statut d'expédition dans Shopify avant de répondre avec le lien de suivi du transporteur.

La difficulté tient à l'extraction du numéro de commande dans un message libre. Deux options. La plus simple : un formulaire « suivre ma commande » qui évite tout texte libre. La plus souple : un appel à un modèle de langage qui extrait le numéro, détaillé dans la section sur l'IA. Dans les deux cas, si aucun numéro n'est trouvé, le message est transmis à un humain.

ScénarioDéclencheurCrédits par exécution (estimation)Gain principal
A. Demande de retourWebhook du formulaire6 à 8Tri automatique éligible / à examiner
B. RemboursementRemboursement créé + passage quotidien4 à 5, plus environ 30 par mois pour le passage quotidienAucune échéance légale oubliée
C. Suivi de colisEmail ou formulaire de suivi4 à 6Absorbe la plus grosse catégorie de tickets

Ces chiffres sont des estimations calculées à partir du principe d'un crédit par module exécuté, pas des mesures. Teste chaque scénario sur le plan gratuit et lis la consommation réelle dans l'historique avant de dimensionner ton plan.


Les webhooks de retours : ce qui ne se déclenche pas

C'est ici que les tutoriels grand public se taisent, et que les montages cassent en production. Les discussions du forum développeurs de Shopify et la documentation consultée en octobre 2026 signalent plusieurs limites.

Limites documentées des webhooks Shopify
  • ❌ Le webhook de création de remboursement ne contient pas les données client : un participant du forum suggère de tester le webhook de mise à jour de commande, qui, lui, les inclut. Dans Make, la parade consiste à relire la commande après le déclencheur.
  • ❌ Le webhook de mise à jour de retour se déclenche de façon peu fiable : à la création d'un retour dans la boutique, le webhook de mise à jour de commande se déclenche, pas celui du retour. Ne construis pas un scénario critique sur l'événement « retour mis à jour » sans l'avoir testé de bout en bout.
  • ❌ Aucun webhook dédié aux échanges : Shopify ne propose pas d'événement spécifique pour un échange. Il faut le déduire d'une commande créée en parallèle d'un retour, ce qui est fragile.
  • ❌ Les webhooks ne sont pas rétroactifs : un événement qui s'est produit avant la création du scénario n'est jamais rejoué. Branche le déclencheur avant d'ouvrir le formulaire au public.
  • ❌ Limite de 100 webhooks actifs par boutique : sans conséquence pour trois scénarios, mais à surveiller si d'autres applications en consomment.

Ces points ont deux conséquences pratiques. D'abord, ne fais jamais confiance à un seul événement : préfère un déclencheur sur la commande, puis une lecture complète de l'état du retour. Ensuite, prévois un passage de contrôle quotidien qui repère les commandes avec un retour ouvert depuis plus de N jours, au cas où un événement n'aurait pas été reçu.

Le principe général est le même que pour tous les montages Make que nous avons décrits dans l'article sur l'autonomie et les risques des agents Make : un automate qui agit sur de l'argent doit être doublé d'un contrôle indépendant.

"Un événement qui n'arrive pas ne déclenche pas d'erreur. Il ne déclenche rien, et c'est exactement ce qui le rend dangereux."

Où placer l'IA, et où elle n'a rien à faire

L'IA n'est pas indispensable à ce montage. Les scénarios A et B fonctionnent entièrement avec des règles. Elle apporte un vrai gain à deux endroits seulement : extraire un numéro de commande d'un message libre, et classer le motif d'un retour pour les statistiques.

Pour l'extraction et la classification, un petit modèle suffit. Avec Claude Haiku 4.5, aux tarifs publics de 1 $ par million de tokens en entrée et 5 $ en sortie, un message de 300 tokens et une réponse de 50 tokens coûtent environ 0,00055 $. Pour mille messages, cela fait environ 0,55 $. Le coût de l'IA est négligeable devant le prix des crédits Make et de l'abonnement helpdesk. C'est un calcul indicatif à partir des tarifs publics, à ajuster à la taille réelle des messages.

Là où l'IA n'a rien à faire : décider d'un remboursement, rédiger une réponse sur un litige, juger de la mauvaise foi d'un client. Les études de 2026 compilées par Macha montrent que l'IA résout 76 à 92 % des tickets de façon autonome selon les plateformes, mais d'autres données plus prudentes citées dans les mêmes sources indiquent qu'elle traite environ un ticket de chat sur quatre et un ticket d'email sur vingt-six. L'écart entre ces deux chiffres rappelle qu'une promesse commerciale n'est pas une mesure sur ta boutique.

La pépite : les données de 2026 évoquent une réduction de 20 à 35 % du volume de contacts liés aux retours quand l'autorisation de retour est gérée de bout en bout. La part la plus rentable n'est pas la réponse intelligente, c'est l'autorisation automatique : le client reçoit son étiquette sans écrire à personne.

Si tu veux aller plus loin vers un assistant conversationnel branché sur Make, l'article sur les chatbots de service client avec Make compare Chatbase et Dante AI. Pour exploiter les retours en amont, l'analyse de sentiment des avis clients utilise la même logique de classification.


Le cadre légal : 14 jours, pas un de plus

Si tu vends à des consommateurs en France, le droit de rétractation encadre tout ton dispositif de retour. D'après les guides juridiques consultés (Trusted Shops, Rakuten, cabinets d'avocats spécialisés), le client dispose de 14 jours calendaires après la réception de la commande pour se rétracter, sans avoir à justifier sa demande. Le vendeur doit le rembourser de la totalité des sommes versées, frais de livraison inclus, au plus tard dans les 14 jours suivant la date à laquelle il a été informé de la décision du client.

Deux conséquences pour l'automatisation. La première : ton règlement de retours ne peut pas être plus restrictif que la loi sur le droit de rétractation. Si ton routeur refuse automatiquement un retour demandé au 10e jour au motif que « le produit a été ouvert », tu risques de contredire le droit du client. Les règles de refus doivent être validées par une personne qui connaît ces règles. Les exceptions légales existent (produits personnalisés, certains biens hermétiques), mais elles sont à vérifier pour chaque catégorie de ton catalogue.

La seconde : le compteur de 14 jours doit courir dans ton suivi dès que la demande est reçue, pas quand tu y penses. C'est exactement ce que fait la date limite du scénario B. Une alerte quatre jours avant l'échéance laisse le temps de traiter un dossier bloqué.

Ce que le montage ne fait pas à ta place
  • ❌ Il ne valide pas tes conditions de retour sur le plan juridique : les guides cités sont des synthèses, pas un avis. Fais relire tes règles par un professionnel du droit de la consommation.
  • ❌ Il ne gère pas les retours hors UE : les délais, les frais et les droits diffèrent selon le pays du client.

Gorgias : quand le helpdesk devient plus raisonnable

Gorgias est le helpdesk pensé pour Shopify. Il regroupe emails, chats et messages de réseaux sociaux dans une boîte unique, affiche les données de commande à côté de chaque ticket et permet d'agir sur Shopify (rembourser, dupliquer, créer, annuler une commande) depuis la conversation. Pour une équipe de service client, c'est l'outil naturel.

Gorgias
Helpdesk e-commerce — boîte de réception partagée pour Shopify
4,6/5
G2, environ 550 avis

Sa facturation se fait au volume de tickets, pas par agent. C'est un avantage quand tu ajoutes un collaborateur, et un inconvénient les semaines de forte affluence.

G2 : 4,6/5 sur environ 550 avis. Capterra : 4,6/5 sur environ 130 avis. Le sous-score « rapport qualité-prix » est le plus bas du profil, à 4,4. Reproches récurrents : facturation imprévisible en période de pic, tarif par ticket plus un tarif par interaction IA.

Plans Gorgias (facturation mensuelle)
Starter
10 $/mois
50 tickets, 0,40 $ le ticket supplémentaire
Recommandé
Basic
60 $/mois
300 tickets, 0,40 $ le ticket supplémentaire
Pro
360 $/mois
2 000 tickets, 0,36 $ le ticket supplémentaire
Tester Gorgias

Starter dès 10 $ par mois pour 50 tickets

Les plans Advanced (900 $ par mois pour 5 000 tickets) et Enterprise sont sur devis. Avec la facturation annuelle, deux mois sont offerts. Vérifie sur la page officielle les conditions d'essai en vigueur, qui ne figurent pas dans les sources consultées.

Voir les offres Gorgias → Dès 10 $ par mois, ticket au volume

Points forts

  • Actions Shopify directement dans le ticket (remboursement, annulation)
  • Facturation au ticket : ajouter un agent ne change pas le prix
  • Boîte partagée pour tous les canaux

Points faibles

  • Dépassement facturé 0,36 à 0,40 $ par ticket : un forfait de 300 $ peut dépasser 1 000 $ les semaines de pic
  • Chaque interaction IA est facturée en plus du ticket, jusqu'à 1,50 $ en dépassement
  • Intégration Make non officielle, développée par un tiers
À retenirGorgias devient rentable quand plusieurs personnes traitent les tickets et que la boîte partagée leur fait gagner plus de temps que ce qu'elle coûte. Pour une boutique gérée par une seule personne, le montage Make seul est plus économique.

Une précision importante sur la liaison avec Make : l'application Gorgias dans Make est développée par une société tierce, Codex Solutions, et Make ne la maintient ni ne la supporte. Elle propose notamment la création de ticket, l'ajout de client et de tag. Si tu t'appuies dessus, prévois un plan B : l'API de Gorgias peut être appelée par un module HTTP de Make si l'application communautaire cesse d'être mise à jour.

Une alternative pour les très petites boutiques, d'après les comparatifs d'alternatives à Gorgias de 2026 : Help Scout pour les micro-boutiques (interface sobre, mais peu d'intégration e-commerce native), Freshdesk dont l'offre gratuite couvre jusqu'à 10 agents et dont les plans payants démarrent à 15 $ par utilisateur et par mois, ou Zendesk, à 55-115 $ par agent et par mois mais décrit comme peu rentable pour les petites boutiques.


Combien ça coûte selon ton volume de tickets

Calculons trois cas réels de boutiques, avec les tarifs de 2026. Les volumes de tickets sont des hypothèses de travail, à remplacer par les tiens.

SituationMontageCoût mensuel estimé
60 demandes par mois, une personneMake Free + Shopify Flow + messagerie existante0 $
250 demandes par mois, une personneMake Core (9 $ en annuel)9 à 10,59 $
250 demandes par mois, deux personnesGorgias Basic (60 $) + Make CoreEnviron 70 $
1 800 demandes par mois, équipeGorgias Pro (360 $) + Make CoreEnviron 370 $, plus les dépassements éventuels

Le premier cas se règle avec zéro dépense : les 1 000 crédits gratuits couvrent les trois scénarios pour une soixantaine de demandes, et Flow est inclus dans ton abonnement Shopify. Le deuxième nécessite Core dès que la consommation dépasse les 1 000 crédits. Les deux derniers basculent vers Gorgias parce que le facteur limitant n'est plus le calcul, c'est le travail partagé.

Le coût par ticket traité donne une autre lecture. Avec Gorgias Basic, 60 $ pour 300 tickets font 0,20 $ par ticket inclus. Avec Make Core, 9 $ pour 10 000 crédits et six crédits par demande, on obtient environ 0,005 $ de crédits par demande traitée par le scénario. Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose (le helpdesk fournit l'espace de travail, Make exécute l'automatisation), mais ils montrent pourquoi les deux se complètent plutôt que de s'exclure.

Pour mettre ces montants en regard de ce que l'automatisation évite, rappelle-toi les données de 2026 citées plus haut : un délai de rentabilité moyen de 75 jours pour un service client automatisé selon les compilations consultées, et 74 % des marchands Shopify qui déclarent un retour mesurable sur leurs déploiements d'IA. Ce sont des moyennes déclaratives, pas des garanties.


Les pièges qui font rater ce montage

Red flags à éviter
  • ❌ Rembourser automatiquement sans plafond : un scénario qui valide tous les remboursements ouvre la porte aux abus. Fixe un montant au-delà duquel un humain valide, et garde le déclenchement du remboursement manuel au début.
  • ❌ Répondre à un email sans vérifier l'identité : donner le statut d'une commande à quiconque cite un numéro expose des données personnelles. Croise toujours le numéro avec l'email de la commande.
  • ❌ Un seul scénario géant : la moindre erreur dans l'étape finale bloque aussi la première. Sépare les flux.
  • ❌ Ne pas surveiller la consommation de crédits : un déclencheur planifié trop fréquent peut épuiser le quota du mois en quelques jours. Active les alertes d'usage dans Make.
  • ❌ Compter sur l'application Gorgias tierce sans plan B : si elle cesse d'être maintenue, ton flux s'arrête. Garde l'appel direct à l'API en secours.

Un dernier point, plus humain. Un client qui demande un retour est déjà un peu frustré. Une réponse automatique trop mécanique aggrave la situation. Écris tes emails comme si tu les envoyais toi-même : le prénom, la référence de la commande, ce qui va se passer, quand. Quatre lignes suffisent. Relis-les une fois par trimestre.


Verdict par taille de boutique

Le montage Make + Shopify Flow est un excellent point de départ pour une boutique tenue par une ou deux personnes : zéro à dix dollars par mois, une demi-journée de mise en place, et la fin du copier-coller quotidien. Sa valeur n'est pas l'intelligence, c'est la régularité : chaque demande reçoit une réponse correcte et chaque échéance est suivie. Il demande en échange une vérification soignée des règles de retour et un test de bout en bout des webhooks.

ProfilRecommandationPourquoi
Boutique naissante, moins de 100 demandes par mois Make Free + Shopify Flow Le quota gratuit couvre les trois scénarios ; aucun frais fixe
Boutique en croissance, 100 à 400 demandes par mois, une personne Make Core (9 $ en annuel) 10 000 crédits donnent une large marge pour les relances et les tests
Deux personnes ou plus au service client Gorgias Basic ou Pro + Make La boîte partagée et les actions Shopify dans le ticket valent l'abonnement
Boutique à pics saisonniers très marqués Helpdesk à tarif fixe par agent (Freshdesk, Zendesk) + Make Évite les dépassements au ticket qui font exploser la facture
Boutique qui vend des produits à retour complexe (pièces détachées, sur mesure) Règles écrites avec un juriste avant toute automatisation Les exceptions légales au droit de rétractation s'appliquent catégorie par catégorie

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Questions fréquentes

Peut-on automatiser les retours Shopify avec Make ?

Oui. Un scénario Make reçoit la demande de retour par webhook, relit la commande dans Shopify, applique tes règles d'éligibilité via un routeur, puis envoie les instructions au client ou crée un ticket pour un humain. Le plan gratuit (1 000 crédits par mois) suffit pour quelques dizaines de demandes.

Shopify Flow suffit-il pour gérer le SAV ?

Flow couvre bien les actions internes à Shopify (tags, alertes, annulations) et est disponible sans surcoût sur les plans courants d'après les comparatifs de 2026, mais il ne dialogue pas avec les outils extérieurs. Dès que tu dois écrire à un client, alimenter un helpdesk ou lire un formulaire externe, Make complète Flow.

Combien coûte Make pour un SAV e-commerce en 2026 ?

Le plan gratuit donne 1 000 crédits par mois. Core coûte 9 $ par mois en facturation annuelle (10,59 $ en mensuel) pour 10 000 crédits, Pro 16 $. Une demande de retour consomme environ six à huit crédits selon la complexité du scénario.

Combien coûte Gorgias en 2026 ?

Starter 10 $ par mois (50 tickets), Basic 60 $ (300 tickets), Pro 360 $ (2 000 tickets), Advanced 900 $ (5 000 tickets). Un ticket au-delà du forfait coûte 0,32 à 0,40 $, et les interactions IA sont facturées en plus. La facturation annuelle offre environ deux mois.

Dans quel délai faut-il rembourser un client qui se rétracte ?

D'après les guides juridiques consultés, le vendeur rembourse la totalité des sommes versées, frais de livraison compris, au plus tard 14 jours après avoir été informé de la décision du client. Le client dispose de 14 jours après réception pour se rétracter. Fais valider tes règles par un professionnel.

Pourquoi mon scénario ne se déclenche-t-il pas à la création d'un retour ?

Les discussions du forum développeurs de Shopify indiquent que le webhook de mise à jour de retour ne se déclenche pas de façon fiable, alors que celui de mise à jour de commande si. Le webhook de remboursement ne contient pas non plus les données client. Déclenche sur la commande puis relis l'état du retour.

Faut-il une IA pour automatiser le SAV d'une boutique ?

Non. Les règles d'éligibilité et la lecture du statut de commande se font sans IA. Un petit modèle de langage ne sert qu'à extraire un numéro de commande d'un message libre ou à classer un motif, pour un coût de l'ordre de 0,55 $ pour mille messages avec Claude Haiku 4.5 aux tarifs publics.

Résumé : Make et Shopify Flow absorbent suivi de colis, demandes de retour et alertes de remboursement pour 0 à 10 $ par mois ; Gorgias ne se justifie que quand plusieurs personnes traitent les tickets, et les règles de retour doivent respecter le délai légal de 14 jours.