Une mission se termine un vendredi après-midi. Le client est content, le rendez-vous de calendrier passe en "terminé", et toi tu fermes l'ordinateur. La facture, elle, part le lundi suivant si tu y penses — ou trois semaines plus tard, coincée entre deux autres missions, quand un client te relance poliment pour savoir "où ça en est". Ce n'est pas de la négligence. C'est juste que rien, dans le geste de terminer une mission, ne déclenche automatiquement celui de facturer.
Le vrai coût n'est pas seulement le temps passé à rédiger la facture — cinq minutes, peut-être dix avec les relances. C'est le décalage. Une étude 2026 menée sur 1 200 indépendants français chiffre à 4,7 heures par semaine en moyenne le temps englouti dans la gestion de devis, factures, relances et suivi de paiement — presque une demi-journée facturable perdue chaque semaine, sur une tâche qui ne produit aucune valeur pour le client. Et plus la facture part tard, plus le paiement arrive tard : le décalage se propage jusqu'à la trésorerie.
Les questions qui reviennent quand on cherche à corriger ça ne sont pas seulement "quel logiciel de facturation choisir" — Indy, Tiime, Freebe répondent déjà bien à ça. La vraie question, plus rarement traitée, c'est : comment faire en sorte que la facture parte toute seule dès que la mission est terminée, sans ouvrir un logiciel de plus ? Et derrière : comment relancer un client qui ne paie pas sans avoir à s'en souvenir soi-même, ni à passer pour celui qui harcèle ?
C'est exactement le terrain de Make : pas un logiciel de facturation de plus, mais le chef d'orchestre qui regarde ton calendrier, détecte qu'une mission vient de se terminer, génère la facture depuis un outil de facturation existant (ou un simple modèle), l'envoie, et programme les relances si le paiement tarde. Le reste de cet article détaille comment ce pipeline se construit vraiment, ce qu'il coûte, où il casse, et si Indy ou Holded couvrent déjà le besoin en natif sans passer par Make.
Sommaire
- 5 critères pour juger un pipeline facturation + suivi client fiable
- Make comme moteur de facturation automatique
- Le pipeline complet : du calendrier à la facture envoyée
- Construire ton scénario en 45 minutes
- Cas concret : une mission terminée un vendredi
- Suivi client : relancer sans y penser
- Ce que ce pipeline ne fait pas bien
- Make vs Indy vs Holded : quelle solution pour freelance en 2026
- Ce que ça coûte vraiment selon ton volume de missions
- Mesurer si ça marche : 3 indicateurs à suivre
- Verdict : qui devrait automatiser sa facturation avec Make ?
5 critères pour juger un pipeline facturation + suivi client vraiment fiable
- 1 Déclenchement sur un fait réel : la facture doit partir parce qu'une mission est vraiment terminée (fin d'événement calendrier, statut projet), pas sur une date fixe qui ignore les retards ou avances.
- 2 Facture conforme, pas un PDF bricolé : mentions légales, numérotation continue, TVA le cas échéant — la facturation électronique devient obligatoire par paliers entre septembre 2026 et septembre 2027 en France, un PDF généré à la main dans Make ne suffit plus seul.
- 3 Relance qui ne dépend pas de ta mémoire : le suivi d'impayé doit se déclencher à des paliers fixes (J+7, J+15, J+30) sans que tu aies à vérifier un tableau chaque semaine.
- 4 Coût prévisible au volume réel : le prix ne doit pas exploser silencieusement passé un certain nombre de factures par mois.
- 5 Erreur visible, pas silencieuse : si une facture ne part pas (mission mal renseignée, client sans email), tu dois le savoir dans l'heure — pas découvrir un mois plus tard qu'une mission de 2 000 € n'a jamais été facturée.
Make comme moteur de facturation automatique
Make ne facture pas à ta place au sens légal — il n'émet pas de facture conforme tout seul, il orchestre. Son rôle est de surveiller un événement (une fin de mission dans Google Calendar, une ligne cochée dans un Google Sheet, un statut "terminé" dans Notion), puis de déclencher la génération d'un document et son envoi, via un outil de facturation existant ou un simple modèle Google Docs. C'est le chaînon qui manque entre "la mission est finie" et "la facture est partie" — les deux existent déjà séparément, ils ne se parlent simplement pas tout seuls.
Make propose un module natif "Watch Events" pour Google Calendar, capable de déclencher un scénario dès qu'un événement passe à une date de fin donnée ou qu'un champ personnalisé change de statut. Combiné à un module Google Docs (génération de document depuis un modèle avec variables), un module Gmail ou Outlook pour l'envoi, et un module Google Sheets pour le suivi des paiements, le pipeline complet tient sur un seul écran de scénario — sans ligne de code et sans que Make ait besoin d'être lui-même un logiciel de facturation.
Points forts
- Module Watch Events natif sur Google Calendar — aucun connecteur tiers à payer pour détecter une fin de mission
- Génération de document depuis un modèle Google Docs avec variables, sans clé API à gérer
- Compatible avec la quasi-totalité des outils de facturation et tableurs (Google Sheets, Airtable, Pennylane, QuickBooks)
- Relances programmables à des paliers fixes (J+7, J+15, J+30) sans module additionnel payant
Points faibles
- Ne génère pas nativement une facture légalement conforme (numérotation continue, mentions obligatoires) — il faut brancher un vrai outil de facturation ou un modèle rigoureux
- Système de crédits peu lisible sans test préalable : un module HTTP ou de génération de document peut consommer 1 à 3 crédits par appel selon la complexité
- Aucune télétransmission DGFiP intégrée pour la réforme de facturation électronique — Make orchestre, il ne remplace pas une plateforme agréée
Plan gratuit permanent, sans carte bancaire requise
Le plan Free de Make (1 000 crédits/mois, 2 scénarios actifs) suffit pour construire et tester le pipeline calendrier → facture → relance décrit ici sur un volume de quelques missions par mois, avant de passer au plan Core si le volume grossit.
Le pipeline complet : du calendrier à la facture envoyée
Le scénario qui tient en production compte cinq briques, pas deux. Un tutoriel qui s'arrête à "événement calendrier → email" fabrique un pipeline qui ne facture jamais rien de conforme et n'assure aucun suivi de paiement.
Étape 1 — Watch Events : détecter qu'une mission est vraiment finie
Le module Watch Events de Make surveille un calendrier Google Calendar dédié (idéalement un calendrier "Missions" séparé du calendrier personnel) et déclenche le scénario dès qu'un événement passe sa date/heure de fin, ou qu'un champ de description contient un mot-clé convenu ("FACTURER"). C'est ce déclencheur — sur un fait réel, pas une date arbitraire — qui distingue ce pipeline d'un simple rappel calendrier classique : il réagit à la fin effective de la mission, pas à une échéance fixée à l'avance qui ignore un retard ou une prolongation.
Étape 2 — Récap mission : rassembler les données avant de générer quoi que ce soit
Avant de générer un document, le scénario lit une ligne Google Sheets associée à l'événement (client, taux horaire ou forfait, durée, description de la prestation). C'est cette étape qui transforme un simple événement calendrier en données facturables : sans elle, Make n'a ni le montant ni les mentions à faire figurer sur la facture.
Étape 3 — Génération : facture conforme, pas un PDF bricolé
C'est l'étape la plus mal comprise des tutoriels rapides. Générer un PDF depuis un modèle Google Docs avec Make est techniquement trivial — mais un PDF généré à la main n'est pas automatiquement une facture conforme : numérotation continue sans trou, mentions légales obligatoires (SIRET, mentions de TVA ou de franchise en base, conditions de retard de paiement), et bientôt un format structuré pour la facturation électronique obligatoire. Deux options tiennent la route : brancher Make sur l'API d'un vrai outil de facturation comme Indy ou Pennylane pour que la facture soit générée et numérotée par cet outil, ou construire un modèle Google Docs rigoureux avec numérotation gérée par Make dans un Google Sheets central — plus fragile, à réserver aux structures encore sous le régime actuel avant l'échéance de la réforme.
Étape 4 — Envoi + log : tracer ce qui est parti
Le module Gmail envoie le document au client avec un objet et un corps de message personnalisés, puis un module Google Sheets met à jour le statut de la ligne ("envoyée", date d'envoi). Ce log est ce qui permet à l'étape suivante — la relance — de savoir quelles factures attendre encore un paiement.
Étape 5 — Relance auto : le suivi qui ne dépend plus de ta mémoire
Un scénario planifié (déclenchement quotidien) parcourt le Google Sheets, repère les factures envoyées depuis plus de 7, 15 ou 30 jours sans statut "payée", et envoie un email de relance au ton adapté au palier — cordial à J+7, plus ferme à J+30. C'est cette dernière brique, souvent absente des tutoriels centrés sur la seule génération de facture, qui répond au vrai problème du suivi client : ce n'est pas facturer qui coûte du temps, c'est se souvenir de relancer.
Construire ton scénario en 45 minutes
Pas besoin de développeur. Le scénario minimal viable se construit dans cet ordre depuis l'interface Make :
- Créer un calendrier Google dédié ("Missions freelance") et y noter chaque mission avec une date de fin précise.
- Créer un scénario Make avec Google Calendar comme premier module, déclencheur "Watch Events" filtré sur ce calendrier.
- Ajouter un module Google Sheets "Search Rows" pour récupérer le client, le montant et la description associés à l'événement (via un identifiant commun, ex. le titre de l'événement).
- Brancher le module de génération : soit l'action "Create an Invoice" de l'intégration Indy/Pennylane si tu factures déjà via cet outil, soit un module Google Docs ("Create a Document from Template") avec un modèle de facture conforme.
- Ajouter un module Gmail "Send an Email" avec le document généré en pièce jointe, puis un module Google Sheets "Update a Row" pour logger le statut "envoyée".
- Créer un second scénario planifié (déclenchement quotidien à 9h) qui parcourt le Sheets, filtre les factures non payées depuis 7/15/30 jours, et envoie la relance correspondante via un routeur à trois branches.
- Tester avec une mission réelle ("Run once") avant d'activer les deux scénarios en continu.
Cas concret : une mission terminée un vendredi
Un exemple concret vaut mieux qu'une description abstraite. Voici ce qui se passe, module par module, pour une mission de rédaction terminée un vendredi à 17h dans le calendrier "Missions freelance" :
Événement : "Rédaction — Atelier Nova — 6h"
Fin : vendredi 17h00
Description : client=Atelier Nova ; taux=65€/h ; durée=6h ; ref=REF-0847
Le scénario Make se déclenche dans les minutes qui suivent la fin de l'événement. Le module Search Rows retrouve la ligne correspondante dans le Google Sheets (client Atelier Nova, taux 65€/h, 6h de prestation, soit 390€ HT). Le module de génération crée la facture via l'intégration Indy — numéro de facture attribué automatiquement en continuité de la précédente, mentions légales déjà pré-remplies depuis le profil Indy du freelance. Le module Gmail envoie la facture en PDF à l'adresse de contact d'Atelier Nova avec un objet "Facture REF-0847 — Atelier Nova", et le Google Sheets se met à jour : statut "envoyée", date du jour.
Sept jours plus tard, si aucun paiement n'est constaté, le second scénario planifié détecte la ligne "envoyée depuis 7 jours, non payée" et envoie automatiquement un email de relance cordiale rappelant la facture et son échéance. Le freelance, lui, n'a rien ouvert entre la fin de la mission vendredi et la relance sept jours plus tard — sauf pour vérifier, en trente secondes dans le Sheets, que tout s'est bien exécuté.
C'est cette combinaison — génération conforme + envoi tracé + relance à paliers — qui distingue un pipeline utile d'un simple générateur de PDF. Facturer vite ne sert à rien si personne ne relance ensuite ; relancer sans facturer vite ne sert à rien non plus. Les deux bouts de la chaîne doivent tenir ensemble.
Suivi client : relancer sans y penser
Le suivi client automatisé ne se limite pas à la relance de facture impayée — c'est le point le plus visible, mais pas le seul. Une implémentation robuste segmente les clients avant même d'écrire le premier email de relance : un client fidèle qui paie toujours à J+3 ne mérite pas le même ton qu'un client déjà relancé trois fois l'an dernier.
Une approche qui revient dans les retours terrain sur ce type de pipeline structure le suivi en trois segments (fidèle / standard / à risque) et cinq paliers de relance (J+0 confirmation d'envoi, J+7 rappel cordial, J+15 relance plus ferme, J+30 mise en demeure allégée, J+45 signalement pour recouvrement manuel) — avec un ton et un canal différents selon le segment. Un client fidèle en retard de 5 jours reçoit un rappel léger ; un client déjà à risque reçoit directement, à J+7, le ton habituellement réservé à J+15.
"Dès 50 factures par mois ou un encours client supérieur à 100 000 €, le temps économisé et les créances récupérées plus vite rentabilisent l'abonnement, souvent en moins de 3 mois" — constat récurrent dans les retours d'indépendants et de TPE ayant mis en place ce type de relance automatisée en 2026, recoupé sur plusieurs sources spécialisées facturation et recouvrement.
Le point auquel il faut faire attention : une relance automatisée n'a de valeur que si elle ne se déclenche jamais sur une facture déjà payée. C'est le module de vérification de statut de paiement (étape 5 du pipeline, plus haut) qui protège la relation client — rien n'agace davantage un client réglo qu'une relance automatique qui ignore un virement déjà effectué.
Ce que ce pipeline ne fait pas bien
Avant de construire quoi que ce soit, il faut savoir où ce montage montre ses limites — pas après avoir découvert que la moitié des factures de l'année n'a jamais été numérotée correctement.
- ❌ Générer une facture depuis un simple modèle Google Docs sans gestion rigoureuse de la numérotation : une facture avec un numéro en doublon ou un trou dans la séquence pose un vrai problème en cas de contrôle — brancher Make sur un outil de facturation qui gère la numérotation reste la voie la plus sûre.
- ❌ Zapper la vérification de statut de paiement avant de relancer : un scénario de relance sans lecture du statut réel envoie des rappels sur des factures déjà réglées — l'erreur la plus citée dans les retours d'utilisateurs sur ce type de pipeline.
- ❌ Sous-estimer le coût en crédits d'un scénario à deux branches (facturation + relance) : chaque exécution consomme des crédits sur les deux scénarios distincts — sur un volume élevé de missions, le comptage grimpe plus vite qu'un scénario unique de facturation seule.
- ❌ Ignorer l'échéance de la facturation électronique obligatoire : la réforme s'applique par paliers entre septembre 2026 et septembre 2027 en France — un pipeline Make qui génère un PDF non structuré depuis un modèle Google Docs devra être adapté ou remplacé par une intégration à une plateforme agréée (Indy figure sur la liste officielle DGFiP depuis juillet 2026).
"Aucun service client, aucune réponse, compte bloqué, impossible de facturer correctement alors que le compte est bien validé, TVA... mais impossible car en attente depuis plus d'une semaine pour que le service me valide" — témoignage d'un utilisateur Indy relayé sur Trustpilot, illustrant que même un outil de facturation fiable au quotidien peut bloquer une facturation en cours en cas de pic de demandes au support, un facteur à considérer avant de dépendre entièrement d'un seul outil pour un pipeline automatisé.
Make vs Indy vs Holded : quelle solution pour freelance en 2026
Make n'est pas la seule route vers une facturation qui se gère toute seule. Trois familles de solutions existent, avec un compromis différent entre contrôle du pipeline, prix et simplicité.
| Critère | Make (pipeline construit) | Indy (facturation + suivi natif) | Holded (ERP freelance/PME) |
|---|---|---|---|
| Rôle | Orchestrateur — déclenche, génère, envoie, relance | Logiciel de facturation + compta dédié indépendants | Suite de gestion complète (facturation, compta, RH, stock) |
| Déclenchement sur événement calendrier | Natif (Watch Events) | Absent — facturation manuelle ou sur échéance fixe | Absent — facturation manuelle ou sur échéance fixe |
| Facture légalement conforme | Oui, si branché sur un vrai outil de facturation | Oui, nativement (agréé DGFiP juillet 2026) | Oui, nativement |
| Relance automatique paliers | À construire (scénario planifié dédié) | Limitée — rappels basiques, pas de segmentation par profil | Disponible sur les plans supérieurs |
| Note | 4,6/5 G2 (270+ avis) | 4,8/5 G2 (62 avis) · 4,8/5 Trustpilot (14 900+ avis) | 4,6/5 Capterra (347 avis) |
| Prix d'entrée | Gratuit jusqu'à 1 000 crédits/mois | Gratuit (facturation illimitée, plan Essentiel) | Gratuit limité, Plus dès 15€/mois |
| Prix palier intermédiaire | 10,59€/mois (Core, 10 000 crédits) | 9€/mois (Plus, facturation avancée) | 29€/mois (Basic) |
| Effort de mise en place | Moyen — 6-7 modules à assembler sur deux scénarios | Faible — compte créé, facturation active en quelques minutes | Moyen — configuration plus large (ERP complet) |
Indy reste le point de départ le plus simple pour la très grande majorité des freelances : facturation et comptabilité de base gratuites et illimitées, plus de 400 000 indépendants accompagnés selon l'éditeur, et une place sur la liste officielle des plateformes agréées DGFiP depuis le 5 juillet 2026 — un point décisif à l'approche de la réforme de facturation électronique. Sa limite principale documentée dans les retours terrain : pas de suivi du temps intégré, un écosystème d'intégrations tierces plus restreint que les outils internationaux, et un support jugé saturé en période fiscale par une minorité d'utilisateurs — les avis négatifs représentent environ 7% du volume total sur Trustpilot, mais concentrent les cas de blocage de compte en attente de validation.
Indy couvre la facturation et la compta de base gratuitement et sans limite, avec l'automatisation des déclarations fiscales et la télétransmission (2035 BNC, 2031 BIC, liasse société) réservées aux plans payants. C'est l'outil de facturation le plus cité comme point d'ancrage d'un pipeline Make en 2026, précisément parce qu'il est déjà agréé pour la réforme de facturation électronique.
Points forts
- Facturation et compta de base gratuites et illimitées, sans équivalent direct sur le marché français
- Agréé DGFiP depuis juillet 2026 — prêt pour la réforme de facturation électronique
- Compte pro gratuit inclus dès l'offre Essentiel, notes de frais rattachées automatiquement aux transactions
Points faibles
- Aucun suivi du temps intégré nativement — un frein pour qui facture à l'heure sur des missions longues
- Écosystème d'intégrations tierces (CRM, gestion de projet) plus restreint que des concurrents internationaux
- Support jugé saturé en période fiscale par une minorité d'utilisateurs, avec des cas de blocage de compte en attente de validation documentés sur Trustpilot
Facturation gratuite et illimitée, sans limite de temps
Le plan Essentiel d'Indy (facturation et compta de base) reste gratuit sans échéance — pas un essai limité dans le temps. L'automatisation des déclarations fiscales démarre à 9€/mois HT sur le plan Plus.
Holded, de son côté, vise davantage les structures qui dépassent le seul besoin de facturation : comptabilité complète, RH, gestion de stock et CRM dans une même suite, avec un plan Plus à 15€/mois pour les indépendants et des paliers jusqu'à 199€/mois (Premium) pour les besoins les plus larges. Sa note Capterra de 4,6/5 sur 347 avis vérifiés salue une interface jugée rassurante et une automatisation comptable efficace, mais les avis pointent régulièrement des fonctionnalités importantes (suivi de trésorerie, scan de documents) réservées aux plans supérieurs, avec des mises à niveau jugées coûteuses par une partie des utilisateurs. Pour un freelance solo sans besoin de RH ni de stock, Holded reste généralement surdimensionné face à Indy — sa valeur apparaît surtout à partir du moment où l'activité dépasse le cadre solo (petite équipe, gestion de stock).
Ce que ça coûte vraiment selon ton volume de missions
Le calcul dépend de deux choses : combien de missions déclenchent une facturation chaque mois, et si tu ajoutes le scénario de relance automatique en plus de la génération.
| Volume mensuel | Facturation seule (Make) | Facturation + relance (Make) | Plan Make recommandé | + Indy |
|---|---|---|---|---|
| ~10 missions/mois | ~50 crédits/mois | ~150-250 crédits/mois | Free (1 000 crédits) suffit | Gratuit (Essentiel) |
| ~30 missions/mois | ~150 crédits/mois | ~450-750 crédits/mois | Free ou Core selon marge | Gratuit ou 9€/mois (Plus) |
| ~80 missions/mois | ~400 crédits/mois | ~1 200-2 000 crédits/mois | Core (10,59€/mois, 10 000 crédits) | 9€/mois (Plus) |
Ces estimations partent d'une base de 5 modules par exécution du scénario de facturation (Watch Events, Search Rows, génération, envoi, log) à environ 1 crédit chacun, et d'un scénario de relance planifié quotidien dont le coût dépend surtout du nombre de lignes filtrées à chaque exécution — c'est cette exécution quotidienne, même sur un faible volume de factures en attente, qui explique l'écart entre "facturation seule" et "facturation + relance" dans le tableau. Le total reste, dans l'immense majorité des cas, couvert par le plan Free ou Core de Make.
Le vrai comparatif de coût n'est donc pas "Make coûte 10,59€/mois" mais "Make (0 à 10,59€/mois) + Indy (0 à 9€/mois) contre le temps de rédaction et de relance manuelles — soit 4,7 heures par semaine en moyenne selon l'étude 2026 citée plus haut". Sur un taux horaire de freelance à 50€/h, une seule heure récupérée par semaine grâce à l'automatisation couvre déjà largement l'abonnement mensuel des deux outils combinés.
Mesurer si ça marche : 3 indicateurs à suivre après la mise en prod
Un pipeline qu'on active et qu'on oublie est un pipeline qui dérive silencieusement. Trois chiffres suffisent à savoir, un mois après la mise en production, si le scénario tient vraiment ses promesses.
- Délai moyen entre fin de mission et envoi de facture — visible en comparant la date de fin d'événement calendrier à la date "envoyée" loggée dans le Google Sheets. Un délai supérieur à 24h signale un problème de déclenchement (calendrier mal filtré, champ de description mal rempli) plutôt qu'un souci du module de génération.
- Taux de relances envoyées sur des factures déjà payées — à vérifier manuellement sur un échantillon d'une vingtaine de relances après les deux premières semaines. Un taux non nul indique presque toujours un décalage entre le moment du paiement réel et la mise à jour du statut dans le Sheets — un signal pour automatiser cette vérification via Stripe ou le webhook du moyen de paiement utilisé plutôt que de la faire à la main.
- Délai réel de paiement avant/après mise en place du pipeline — comparer le délai moyen de paiement des trois mois précédant l'automatisation à celui des trois mois suivants. C'est l'indicateur qui valide (ou non) l'investissement initial de configuration : une réduction de quelques jours seulement, répétée sur des dizaines de factures par an, pèse directement sur la trésorerie.
Ces trois indicateurs prennent une dizaine de minutes à vérifier une fois par mois — largement moins que le temps que prenait le suivi manuel qu'ils remplacent, et suffisamment pour repérer une dérive avant qu'elle ne coûte un mois de trésorerie décalée.
Verdict : qui devrait automatiser sa facturation avec Make ?
Ce pipeline n'est pas nécessaire pour tout le monde. Un freelance qui envoie deux factures par mois n'a pas besoin d'un scénario Make — dix minutes de saisie manuelle suffisent largement. Il devient rentable à partir du moment où le volume de missions rend la facturation manuelle source d'oublis, typiquement au-delà d'une dizaine de missions facturées par mois, ou dès que le suivi des impayés commence à demander un vrai effort de mémoire.
| Profil | Recommandation | Pourquoi |
|---|---|---|
| Freelance débutant, <5 factures/mois | Indy seul, sans Make | Le temps de construction du scénario dépasse le temps économisé sur ce volume |
| Freelance établi, 10-30 missions/mois | Make (Free/Core) + Indy | Volume suffisant pour rentabiliser la configuration, plan Free ou Core largement suffisant en crédits |
| Freelance factures à l'heure sur missions longues | Make + outil de suivi du temps + Indy | Indy n'a pas de suivi du temps natif — Make peut combler ce vide en amont du pipeline |
| Petite structure avec besoin RH/stock en plus | Holded plutôt que Make + Indy seuls | Holded couvre nativement des besoins qu'un pipeline Make + Indy ne couvre pas (RH, inventaire) |
| Freelance avec encours clients >100 000€/an | Make + Indy + segmentation de relance dédiée | Le ROI de la relance automatisée segmentée se matérialise vite à ce niveau d'encours |
La question qui tranche vraiment : est-ce que tu sais, à tout moment, combien de missions restent à facturer et combien de factures restent impayées — ou est-ce que la réponse habite dans ta tête, entre deux missions ? Si c'est la deuxième option, ce pipeline ne résout pas seulement un problème de paperasse — il résout un problème de trésorerie invisible, et ça vaut largement les 45 minutes de configuration.
Questions fréquentes
Make peut-il générer une facture légalement conforme tout seul ?
Pas de façon fiable à partir d'un simple modèle Google Docs — il manque la numérotation continue et certaines mentions obligatoires gérées automatiquement par un vrai outil de facturation. Le plus sûr est de brancher Make sur un outil comme Indy ou Pennylane pour que la facture elle-même soit générée et numérotée par cet outil, Make se chargeant du déclenchement et de l'envoi.
Comment relancer automatiquement un client qui ne paie pas ?
En créant un second scénario Make planifié quotidiennement, qui filtre les factures envoyées depuis 7, 15 ou 30 jours sans statut "payée" dans un Google Sheets de suivi, et envoie un email de relance au ton adapté à chaque palier — cette étape de vérification du statut réel de paiement est indispensable pour éviter de relancer une facture déjà réglée.
Indy ou Holded pour la facturation d'un freelance en 2026 ?
Indy convient à la grande majorité des freelances solo : facturation et compta de base gratuites et illimitées, agréé DGFiP depuis juillet 2026. Holded devient pertinent surtout au-delà du solo, quand des besoins de RH ou de gestion de stock s'ajoutent à la simple facturation — sinon, il reste généralement surdimensionné.
Combien coûte ce pipeline sur 30 missions par mois ?
Environ 450 à 750 crédits Make par mois pour la facturation et la relance combinées, couverts par le plan Free (1 000 crédits) ou Core (10,59€/mois), plus 0 à 9€/mois côté Indy selon le plan choisi — largement compensé par une seule heure récupérée sur les 4,7 heures hebdomadaires moyennes passées en gestion administrative selon l'étude 2026 citée dans cet article.
La facturation électronique obligatoire change-t-elle ce pipeline ?
Oui, en partie : la réforme s'applique par paliers entre septembre 2026 et septembre 2027 en France. Un pipeline qui génère une facture via un modèle Google Docs non structuré devra être adapté ou remplacé par une intégration à une plateforme agréée — Indy figure déjà sur la liste officielle DGFiP depuis juillet 2026, ce qui en fait un point d'ancrage plus pérenne qu'un simple modèle maison.
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