Tu lances une nouvelle cohorte de ton programme de coaching. Semaine 1 : tout le monde répond, pose des questions, s'engage. Semaine 3 : la moitié des messages restent sans réponse. Semaine 6 : tu relances à la main un participant qui a payé 1 500€ et qui n'a pas ouvert le module 4 depuis dix jours, en espérant que ton message ne sonne pas comme un rappel de facture impayée.
Le problème n'est pas le contenu du programme. C'est le suivi entre les séances — l'accès qui doit s'ouvrir au bon moment, le rappel qui doit partir la veille, la relance qui doit arriver avant que le décrochage devienne définitif. Fait à la main, sur quinze ou vingt participants en même temps, ce suivi mange des heures que tu ne factures pas et que personne ne voit. Oublié, il coûte des clients qui abandonnent en silence sans que tu saches pourquoi.
La tentation, une fois qu'on découvre Make, c'est de tout automatiser d'un coup : emails de bienvenue, rappels, relances, notifications, tout. Et c'est exactement là que ça part mal. Un participant qui reçoit une séquence de relance identique à celle utilisée pour un client mécontent, ou un message de fin de programme signé "L'équipe" alors qu'il n'y a qu'un coach, sent immédiatement qu'il parle à un logiciel. La question n'est donc pas "peut-on automatiser le suivi d'un programme de coaching" — la réponse est oui, largement. La vraie question, c'est où placer la limite entre ce qui peut tourner tout seul et ce qui doit rester signé par une vraie personne.
C'est ce qu'on va voir concrètement : l'architecture Make qui gère l'accès aux modules, les rappels et les relances de décrochage, la partie du suivi qui doit rester strictement humaine, le pricing réel 2026 de Make face aux plateformes tout-en-un comme Kajabi, Teachable, Kartra et Podia, et les red flags qui transforment un bon système en usine à participants qui se sentent seuls.
Sommaire
- 5 critères pour automatiser un programme sans le déshumaniser
- Make comme moteur du parcours client, pas comme remplaçant du coach
- Le pipeline complet : de l'inscription à la fin de programme
- Ce qui doit rester humain, quoi qu'il arrive
- Construire le scénario de suivi en une session
- Cas concret : un participant qui décroche à la semaine 3
- Ce que ce système ne fait pas bien
- Make + Notion vs Kajabi, Teachable, Kartra, Podia
- Ce que ça coûte vraiment pour un coach ou un organisme
- Mesurer que le système aide vraiment, pas qu'il isole
- Verdict : qui devrait automatiser son suivi avec Make ?
5 critères pour automatiser un programme sans le déshumaniser
- 1 Réservé à l'administratif répétitif : l'automatisation doit couvrir la logistique (accès, rappels, relances de premier niveau) — jamais les moments où le participant a besoin d'être entendu.
- 2 Personnalisation réelle, pas juste un prénom fusionné : un message automatisé doit s'appuyer sur des données réelles du participant (progression, dernière activité) — pas un template générique avec {{prenom}}.
- 3 Escalade vers un humain quand le signal est fort : un décrochage de trois semaines ou un message de détresse ne doit jamais rester géré par une séquence automatique — il doit alerter le coach directement.
- 4 Voix du coach préservée dans les messages automatisés : une séquence enregistrée en vidéo ou en audio par le coach lui-même, diffusée automatiquement, garde le lien — un texte générique signé "l'équipe" le casse.
- 5 Coût prévisible au nombre de participants : le prix ne doit pas devenir un frein à l'accueil d'une nouvelle cohorte — vérifiable avant de s'engager sur un plan.
Make comme moteur du parcours client, pas comme remplaçant du coach
Make ne coache personne. Il surveille des événements (un paiement qui rentre, une date qui arrive, une activité qui manque) et déclenche des actions en conséquence : ouvrir un accès, envoyer un rappel, notifier un décrochage. C'est un chef d'orchestre logistique, pas un intervenant. Ce distinguo, simple sur le papier, est celui que la plupart des coachs qui se brûlent avec l'automatisation oublient en cours de route — ils finissent par laisser Make écrire des messages qui devraient venir d'eux.
Sur un programme de coaching, Make se branche à trois sources : le paiement (Stripe, PayPal ou le module de vente de la plateforme de cours), le calendrier des séances (Calendly, Google Calendar) et la base de suivi client — le plus souvent une base Notion où vit la fiche de chaque participant (progression, dernière activité, notes de séance). À partir de ces trois sources, un scénario Make peut ouvrir un module au bon moment, envoyer un rappel de séance la veille, et surtout comparer la date de dernière activité du participant à un seuil pour déclencher une alerte de décrochage avant qu'il ne soit trop tard.
Points forts
- Connecteurs natifs Notion, Calendly, Stripe, WhatsApp Business et Slack — la stack typique d'un coach indépendant sans code à écrire
- Déclencheurs temporels fiables (planification à la minute) pour les rappels de séance et les relances programmées
- Logique conditionnelle (routeur) permettant de brancher une alerte humaine dès qu'un seuil de décrochage est franchi, plutôt que d'enchaîner des relances automatiques à l'infini
- Compatible avec n'importe quelle plateforme de cours (Kajabi, Teachable, Kartra, Podia, Notion, Google Drive) via webhook ou API — aucun verrouillage sur un seul écosystème
Points faibles
- Aucune intelligence "prête à l'emploi" pour juger si un décrochage est passager ou sérieux — cette logique doit être construite scénario par scénario
- Système de crédits peu lisible sans test préalable, en particulier sur les modules qui interrogent une base Notion volumineuse
- Ne remplace pas une plateforme de cours : Make orchestre le suivi, mais l'hébergement des modules et l'espace membre restent à construire ailleurs (Notion, Kajabi, Teachable…)
Plan gratuit permanent, sans carte bancaire requise
Le plan Free de Make (1 000 crédits/mois, 2 scénarios actifs) suffit pour construire et tester le pipeline de suivi décrit dans cet article sur une cohorte de démarrage, avant de passer au plan Core si le nombre de participants grossit.
Le pipeline complet : de l'inscription à la fin de programme
Un programme de coaching n'a pas un seul moment de suivi — il en a quatre, espacés dans le temps, avec des besoins différents. Un scénario qui traite tout de la même façon rate systématiquement l'un des quatre.
Moment 1 — Onboarding : accès + première voix humaine
Dès le paiement confirmé (webhook Stripe ou déclencheur Make sur la plateforme de vente), le scénario crée la fiche participant dans la base Notion, ouvre l'accès au module 1 et envoie l'email de bienvenue. Ce premier email peut être automatisé sans dommage à une condition : il doit contenir une vidéo courte enregistrée par le coach lui-même — pas un texte générique. La livraison est automatique, la voix reste humaine.
Moment 2 — Accès aux modules : le drip programmé et le rappel de séance
La plupart des plateformes de cours (Kajabi, Teachable, Podia) savent déjà "dripper" un contenu — le débloquer à intervalle régulier après l'inscription. Make devient utile quand le programme combine plusieurs outils : un module hébergé sur Notion, une séance en direct planifiée sur Calendly, un rappel qui doit partir 24h avant sur WhatsApp Business plutôt que par email noyé dans une boîte de réception surchargée.
Moment 3 — Détection de décrochage : le seuil qui déclenche une alerte, pas une relance automatique
C'est l'étape la plus mal construite dans les tutoriels rapides. Un scénario Make peut comparer la date de dernière activité (dernier module ouvert, dernière séance honorée) à un seuil défini — sept jours d'inactivité pour un programme hebdomadaire, par exemple. Le réflexe classique : envoyer automatiquement un email de relance. Le réflexe qui fonctionne mieux : envoyer d'abord une alerte Slack ou une notification au coach, pour qu'il décide lui-même s'il envoie un message personnel ou laisse passer une relance légère automatisée.
Moment 4 — Fin de programme : la notification qui ne doit jamais sonner comme un mail automatique
Un cursus qui se termine par un email type "Merci d'avoir suivi notre programme" signé d'une adresse no-reply laisse un goût amer, même si le contenu du programme était excellent. Make peut déclencher la notification de fin au bon moment (dernier module complété ou date de fin atteinte), mais le contenu envoyé doit inclure un élément personnalisé — un résumé de progression réel tiré de la base Notion, pas une formule générique.
Ce qui doit rester humain, quoi qu'il arrive
La recherche sur l'engagement en formation en ligne est sans ambiguïté sur un point : les cours purement auto-administrés, sans aucun accompagnement, plafonnent souvent entre 10 et 15% de taux de complétion. Dès qu'un accompagnement structuré et des éléments interactifs s'ajoutent au parcours, ce taux dépasse régulièrement les 70%. La différence, ce n'est pas la quantité de contenu — c'est la présence d'un humain qui remarque quand quelque chose ne va pas.
Ce chiffre pose une limite claire à l'automatisation : elle peut porter la logistique du suivi, jamais le jugement sur l'état réel d'un participant. Trois zones ne doivent jamais être confiées entièrement à un scénario Make, quelle que soit la sophistication du prompt ou de la condition logique :
- Les séances elles-mêmes — le moment où le coach écoute, ajuste, pose la question qui débloque. Aucune automatisation ne remplace ce temps, et personne ne le demande.
- Les décisions liées à un signal de détresse ou de rupture — un participant qui écrit "je pense arrêter" ne doit jamais recevoir en retour une séquence de relance automatique standard. Ce message doit remonter directement au coach, sans filtre.
- Le retour qualitatif sur un travail rendu — un exercice envoyé par un participant mérite une réponse qui montre qu'il a été lu, pas un accusé de réception généré.
À l'inverse, trois zones peuvent être automatisées sans perte de qualité perçue, à condition de préserver la voix du coach dans le message final : la confirmation d'accès à un module, le rappel de séance, et la relance de premier niveau ("On ne t'a pas vu depuis une semaine, tout va bien ?") — tant qu'elle reste une porte ouverte plutôt qu'une injonction, et qu'elle laisse la place à une vraie réponse du coach si le participant répond.
Un message automatique peut-il vraiment sembler humain ?
Oui, mais seulement s'il porte une trace réelle de la voix du coach — un enregistrement vidéo ou audio personnel, un prénom en signature, une référence à une donnée vraie (le module en cours, la date de la dernière séance) plutôt qu'une formule interchangeable. Le problème n'est jamais l'automatisation en tant que telle : c'est l'automatisation qui efface toute trace de la personne derrière le programme. Un rappel de séance qui dit "Ton rendez-vous du jeudi 14h avec [prénom du coach] approche" garde ce lien. Un rappel qui dit "Votre session est programmée, merci de confirmer" ne le garde pas — même si les deux messages partent du même scénario Make, au même moment, pour la même raison.
C'est aussi pour ça que le canal compte autant que le contenu. Un rappel envoyé par WhatsApp Business, sur le même fil de discussion où le coach échange déjà avec le participant, reste perçu comme faisant partie de la relation. Le même rappel envoyé depuis une adresse "no-reply@programme.com" jamais utilisée pour un vrai échange se lit immédiatement comme un message d'automate — même si le texte est identique au mot près.
Construire le scénario de suivi en une session
Pas besoin de développeur. Le scénario minimal viable pour un programme de 8 à 12 semaines se construit dans cet ordre dans l'interface Make :
- Créer un scénario déclenché par le paiement (webhook Stripe ou module natif de la plateforme de vente) qui crée la fiche participant dans une base Notion (nom, email, date de début, module en cours = 1).
- Ajouter un module "Create a Page" pour ouvrir l'accès au module 1 et déclencher l'envoi de l'email de bienvenue contenant la vidéo personnelle du coach.
- Créer un second scénario planifié (Scheduler) qui tourne chaque jour et compare, pour chaque fiche Notion active, la date de dernière activité au seuil de décrochage défini pour le programme.
- Ajouter un Router avec deux branches : "inactivité modérée" (moins de 10 jours) → relance automatique de premier niveau ; "inactivité sérieuse" (plus de 10 jours ou deuxième relance sans réponse) → notification directe au coach, pas de message automatique supplémentaire.
- Brancher un module Calendly ou Google Calendar pour envoyer un rappel de séance 24h avant chaque rendez-vous programmé, avec l'heure ajustée au fuseau horaire du participant.
- Ajouter un dernier module de fin de cursus déclenché sur la date de fin ou le dernier module complété, qui compile la progression réelle du participant depuis Notion avant d'envoyer la notification finale.
- Tester chaque branche manuellement ("Run once") avec une fiche participant fictive avant d'activer le scénario sur une vraie cohorte.
Cas concret : un participant qui décroche à la semaine 3
Voici ce qui se passe, module par module, dans le scénario décrit plus haut, quand Karim, inscrit à un programme de coaching en développement commercial sur 10 semaines, n'a pas ouvert le module 3 depuis huit jours.
Le scénario planifié tourne chaque matin à 8h. Il interroge la base Notion, trouve la fiche de Karim, calcule l'écart entre la date du jour et sa dernière activité enregistrée : 8 jours. Le seuil "inactivité modérée" (fixé à 5 jours pour ce programme) est dépassé, mais pas encore le seuil "sérieux" (10 jours). Le Router bascule sur la branche relance légère : un message WhatsApp Business part automatiquement, avec un ton défini à l'avance par le coach — "Hey Karim, le module 3 t'attend toujours. Si t'es débordé cette semaine, dis-le-moi, on peut ajuster le rythme." Le message est signé du prénom du coach, pas d'une marque.
Karim ne répond pas. Trois jours plus tard, le même scénario tourne à nouveau : l'inactivité atteint 11 jours, le seuil "sérieux" est franchi. Cette fois, le Router ne renvoie pas de message automatique — il pousse une notification Slack au coach avec le contexte complet (dernière séance honorée, module bloqué, date de la relance déjà envoyée). Le coach voit l'alerte entre deux rendez-vous, prend deux minutes pour appeler Karim directement plutôt que d'envoyer un troisième message automatique. Il découvre que Karim a changé de poste la semaine précédente et n'a simplement pas eu le temps de respirer.
C'est cette bascule — de l'automatisation vers l'humain au bon moment — qui évite deux écueils opposés : harceler Karim de relances automatiques qui l'auraient probablement fait fuir, ou le laisser disparaître silencieusement d'un programme qu'il avait payé pour finir.
Cette limitation technique, documentée sur le module de lecture d'emails, illustre un principe plus large qui s'applique à tout le pipeline de suivi coaching : Make lit fidèlement ce qu'on lui donne à lire, mais ne comble jamais seul un trou dans les données. Si la fiche Notion de Karim n'était pas tenue à jour à chaque activité réelle, le scénario aurait calculé un mauvais seuil de décrochage — l'automatisation amplifie la qualité des données d'entrée, elle ne la corrige pas.
Ce que ce système ne fait pas bien
Avant de construire quoi que ce soit, il faut savoir où ce montage montre ses limites — pas après qu'un participant se soit senti traité comme un numéro.
- ❌ Automatiser la relance de décrochage jusqu'au bout : une séquence de trois, quatre, cinq messages automatiques sans jamais alerter le coach transforme un signal d'aide en spam — c'est le piège central du sujet "automatiser sans déshumaniser", et le plus documenté par les praticiens de l'automatisation coaching.
- ❌ Signer les messages automatiques d'un nom d'équipe générique : un participant qui reçoit un rappel signé "L'équipe [Programme]" plutôt que le prénom du coach ressent immédiatement la bascule vers le mode industriel.
- ❌ Laisser la base Notion se désynchroniser de la réalité : si le coach note ses observations de séance ailleurs (papier, mémoire) plutôt que dans la fiche qui alimente Make, le calcul de décrochage devient faux et déclenche des alertes sur de mauvaises personnes.
- ❌ Sous-estimer le coût en crédits d'un scénario qui tourne chaque jour sur toute la cohorte : un scénario planifié quotidien qui interroge N fiches Notion consomme des crédits Make à chaque exécution, pas seulement quand un événement se produit — un point à vérifier avant d'activer sur une grande cohorte.
Sur un scénario de suivi coaching qui interroge une base Notion chaque jour pour toute une cohorte, cette variabilité pèse directement sur le budget mensuel — d'où l'intérêt de tester le scénario en conditions réelles sur une petite cohorte avant de généraliser à 50 ou 80 participants.
Make + Notion vs Kajabi, Teachable, Kartra, Podia
Make n'est pas la seule route pour faire tourner un programme de coaching. Les plateformes tout-en-un intègrent déjà l'hébergement des cours, le drip content et parfois la relance — au prix d'un contrôle plus faible sur la logique de décrochage et d'un abonnement bien plus élevé.
| Outil | Détection de décrochage | Personnalisation des relances | Hébergement des modules | Prix/mois | Score | Pour qui |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Make + Notion (pipeline construit) | Sur-mesure, seuils ajustables par programme | Totale — voix, canal et contenu définis par le coach | À construire ailleurs (Notion, Drive, plateforme tierce) | 10,59€ (Core) | 4,6/5 | Coach qui veut garder le contrôle du ton |
| Kajabi | Basique (drip + emails déclenchés) | Limitée — séquences email standard | Native, tout-en-un (site, paiement, cours) | 143$ à 399$ (annuel) | 4,1/5 | Coach qui veut une seule plateforme sans assemblage |
| Teachable | Basique (drip content) | Limitée | Native, orientée vente de cours | 29$ à 139$ (annuel, hors Advanced) | 3,9/5 | Créateur de cours simple, sans volet coaching poussé |
| Kartra | Moyenne (automatisation comportementale) | Moyenne — tags et déclencheurs comportementaux | Native, avec tunnel de vente intégré | 52$ à 429$ (annuel) | 4,0/5 | Équipe qui veut tunnel de vente + cours dans un seul outil |
| Podia | Basique | Faible | Native, avec communauté et coaching intégrés | 42$ à 150$ (annuel) | 4,2/5 | Coach solo qui veut du simple sans complexité technique |
Kajabi a revu ses prix à la hausse en janvier 2026 — le plan Growth est passé de 159$ à 199$/mois annuel, le plan Pro de 319$ à 399$/mois — ce qui pousse mécaniquement vers un budget que beaucoup de coachs indépendants ne peuvent pas justifier tant que leur cohorte reste petite. Teachable, à l'inverse, a supprimé son plan gratuit : impossible désormais de tester la plateforme sans engager au moins 29$/mois (avec 7,5% de commission sur ce premier palier). Kartra et Podia restent dans une fourchette intermédiaire, avec l'avantage pour Podia d'inclure nativement des fonctionnalités de coaching et de communauté sur tous ses plans, sans surcharge.
Le vrai différenciateur n'est pas le prix affiché mais la logique de décrochage. Aucune de ces quatre plateformes ne propose, nativement, un système qui distingue une inactivité modérée d'une inactivité sérieuse et qui décide, seule, à quel moment basculer d'un message automatique vers une alerte humaine — c'est précisément le vide que Make comble, en complément d'une plateforme d'hébergement plutôt qu'à sa place.
Ce que ça coûte vraiment pour un coach ou un organisme
Le calcul dépend de deux facteurs : le nombre de participants actifs simultanément et la fréquence des vérifications automatisées (un scénario planifié quotidien coûte plus qu'un scénario déclenché uniquement par événement).
| Taille de cohorte | Scénario événementiel seul (accès, rappels) | + vérification quotidienne de décrochage | Plan Make recommandé |
|---|---|---|---|
| ~10 participants actifs | ~300-500 crédits/mois | ~600-900 crédits/mois | Free (1 000 crédits) suffit |
| ~30 participants actifs | ~900-1 500 crédits/mois | ~2 000-3 000 crédits/mois | Core (10,59€/mois, 10 000 crédits) |
| ~80 participants actifs (organisme) | ~2 500-4 000 crédits/mois | ~5 500-8 000 crédits/mois | Core ou Pro selon la marge de sécurité voulue |
Ces estimations partent d'un scénario à 4-5 modules pour la partie événementielle (webhook paiement, création Notion, envoi email/WhatsApp, rappel Calendly) et d'un scénario planifié quotidien qui interroge la base Notion pour chaque participant actif — c'est cette seconde partie qui grossit le plus vite avec la taille de la cohorte, puisqu'elle tourne tous les jours sur toute la liste, pas seulement sur les événements ponctuels.
Comparé à un abonnement Kajabi Growth (199$/mois annuel) ou Kartra Growth (189$/mois annuel), le coût Make + Notion reste dérisoire — mais il ne remplace pas l'hébergement des cours, seulement la couche de suivi et de relance. Le calcul honnête n'est donc pas "Make coûte 10,59€/mois" contre "Kajabi coûte 199$/mois" : c'est plutôt "héberger mes cours sur Notion (souvent déjà payé pour d'autres usages) + Make à 10,59€/mois pour le suivi" contre "tout regrouper sur une plateforme à 150-400$/mois qui gère l'hébergement mais dont la logique de relance reste basique". Le choix dépend de si tu as déjà un hébergement de contenu qui te convient — si oui, Make en complément coûte une fraction du prix d'un tout-en-un.
Mesurer que le système aide vraiment, pas qu'il isole
Un système de suivi automatisé qu'on active et qu'on oublie peut dériver vers l'excès inverse — trop de messages automatiques, pas assez de vrais contacts. Trois indicateurs suffisent à vérifier, un mois après la mise en place, que l'équilibre tient.
- Taux de réponse aux relances de premier niveau — si moins de 20% des participants relancés répondent ou reprennent leur progression, le ton ou le canal du message automatique mérite d'être révisé, pas uniquement sa fréquence.
- Nombre d'alertes humaines réellement traitées sous 48h — une alerte de décrochage sérieux qui reste trois jours sans action du coach annule tout l'intérêt du système : mieux vaut réduire le nombre de messages automatiques que laisser les vraies alertes s'accumuler sans réponse.
- Taux de complétion du programme par cohorte — le chiffre qui valide ou invalide tout le reste. Un taux qui progresse d'une cohorte à l'autre après mise en place du système confirme que l'automatisation aide réellement à finir le programme, pas seulement à réduire la charge du coach.
Ces trois indicateurs prennent quinze minutes à vérifier par cohorte — largement moins de temps que celui gagné sur le suivi manuel, et suffisamment pour repérer une dérive avant qu'elle ne coûte un participant qui décroche en silence.
Verdict : qui devrait automatiser son suivi avec Make ?
Ce système n'est pas pour tout le monde. Un coach qui suit trois clients en accompagnement individuel n'a pas besoin d'un scénario Make — la relation tient déjà sur un fil WhatsApp direct. Il devient utile à partir du moment où le nombre de participants dépasse ce qu'un suivi manuel permet de tenir sans rien laisser filer, typiquement au-delà d'une dizaine de participants suivis en parallèle.
| Profil | Recommandation | Pourquoi |
|---|---|---|
| Coaching individuel, <5 clients simultanés | Suivi manuel, pas de pipeline | La relation directe reste plus rapide à entretenir que la construction d'un scénario sur ce volume |
| Coach avec cohortes de 10-40 participants | Make + Notion (Core) | Volume suffisant pour rentabiliser la construction, plan Core largement couvrant en crédits |
| Organisme de formation, plusieurs cohortes en parallèle | Make (Pro) + plateforme d'hébergement dédiée (Podia ou Kajabi selon budget) | Make orchestre le suivi transverse, la plateforme gère l'hébergement et la vente à l'échelle |
| Coach déjà sur Kajabi ou Kartra payant | Drip natif d'abord, Make en complément ciblé sur la détection de décrochage | L'hébergement et le drip basique sont déjà couverts — Make apporte la logique d'alerte que la plateforme ne fait pas |
| Coach qui craint de perdre le lien humain | Make limité à la logistique (accès, rappels), zéro relance automatique au-delà du premier niveau | Le seuil "inactivité sérieuse" reste toujours une alerte humaine, jamais un message automatique supplémentaire |
La question qui tranche vraiment n'est pas "dois-je automatiser mon coaching" — c'est "est-ce que mes participants sentent, à chaque message qu'ils reçoivent, qu'une vraie personne suit leur progression, ou qu'un système les traite en masse ?" Un pipeline Make bien construit répond à la première question en gardant intacte la seconde. Un pipeline mal construit fait l'inverse : il gagne du temps au coach et le perd sur ce qui faisait la valeur du programme.
Questions fréquentes
Peut-on automatiser entièrement le suivi d'un programme de coaching avec Make ?
La logistique oui — accès aux modules, rappels de séance, relance de premier niveau. Pas les décisions liées à un signal de décrochage sérieux ou de détresse : ces cas doivent toujours remonter au coach plutôt que de continuer sur une séquence automatique.
Comment Make détecte-t-il qu'un participant décroche ?
En comparant, via un scénario planifié, la date de dernière activité enregistrée dans une base (le plus souvent Notion) à un seuil défini pour le programme. Deux seuils sont recommandés : un seuil "modéré" qui déclenche une relance automatique légère, et un seuil "sérieux" qui déclenche une alerte humaine plutôt qu'un nouveau message automatique.
Faut-il remplacer Kajabi ou Teachable par Make ?
Non. Make ne remplace pas l'hébergement des cours ni le paiement — il orchestre le suivi et les alertes en complément d'une plateforme d'hébergement (Notion, Kajabi, Teachable, Kartra, Podia). Les deux se combinent plutôt qu'ils ne s'opposent.
Combien coûte ce système sur une cohorte de 30 participants ?
Environ 900 à 3 000 crédits/mois selon la fréquence des vérifications de décrochage, ce qui reste couvert par le plan Core de Make à 10,59€/mois (10 000 crédits inclus).
Comment éviter que l'automatisation donne une impression froide aux participants ?
En réservant les messages automatiques à des contenus qui ne varient jamais dans le fond (confirmation d'accès, rappel de séance, relance légère signée du prénom du coach) et en escaladant systématiquement vers un contact humain direct dès qu'un signal de décrochage sérieux ou de détresse apparaît.
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